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nef associée a areva

 
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franck



Inscrit le: 29 Mar 2011
Messages: 4

MessagePosté le: Ven Avr 08, 2011 5:09 pm    Sujet du message: nef associée a areva Répondre en citant

bonjour

je voudrais porter a votre connaissance que Nef Capital Ethique Management (NCEM), société de Capital risque de la NEF est sur le point de rentrer dans le capital de la société Phytorem qui compte parmi ses actionnaires une filiale de la société AREVA
Ceci est juste inconcevable
merci de faire passer cette information, car on ne peut pas vendre son âme. :twisted:
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leconte



Inscrit le: 26 Juil 2006
Messages: 40

MessagePosté le: Mer Avr 13, 2011 1:58 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Monsieur,
Vous soulevez un débat qui a tout à fait sa place dans ce forum : « A qui la Nef peut-elle prêter ? ».
Votre position dans ce débat est claire : « Il est inconcevable qu'une filiale de la Nef rentre dans le capital d'une société qui compte la société AREVA parmi ses actionnaires. Ce serait vendre son âme. » Votre conception de la Nef n'est pas la mienne et je souhaite que cette question fasse l'objet d'un débat ouvert sur notre site.

L'engagement éthique de la Nef concerne ce qu'elle fait avec l'argent que les sociétaires mettent à sa disposition, et donc ce que font les sociétés dans lesquelles elle investit cet argent. La décision de financer appartient à l'organe « crédit » de notre société. Ensuite, elle publie l'intégralité des prêts qu'elle effectue en vue de soumettre son action a posteriori au jugement des sociétaires.

Votre façon de voir conduirait à détourner la Nef de cette règle de conduite. Selon vous, l'éthique consisterait à diviser le monde entre les bons et les méchants et à ériger entre eux un mur, pour ne vivre qu'avec les « bons ». Votre règle serait : « si tu es éthique, tu ne dois pas t'associer avec ceux qui ne le sont pas. Sinon tu trahis tes principes ».

Jean-Pierre Bideau, fondateur de la Nef, disait souvent : « Si tu veux chasser le démon de chez toi, méfie-toi qu'il ne revienne pas discrètement par la fenêtre ». Et il ajoutait : « Nous n'avons pas la prétention de créer un petit paradis sur terre. Au contraire, nous voulons avoir les pieds sur le même sol que nos frères humains, même s'il y a de la boue. ».

Ce que je dis ici pour la Nef est intégralement applicable à Nef Capital Éthique. Or, vous voulez attirer l'attention des sociétaires sur un projet qui n'est pas engagé. Vous ne posez pas la question de savoir ce que fait la société dans laquelle NCEM pourrait investir, mais qui est dans son capital. Et vous ne posez pas la question de savoir en quoi une éventuelle participation au Capital peut intervenir dans l'action de la société en question, mais comment la présence d'un grand industriel du nucléaire dans le capital de cette société est incompatible avec un engagement de la Nef. Autrement dit, ce qu'un grand industriel a jugé bon de soutenir ne peut pas être bon pour recevoir un soutien de la Nef.

Jacky Blanc, Président du Directoire de la Nef, me rappelle que nous avons souvent fait des prêts à des institutions qui avaient reçu des prix de la part de grands groupes peu appréciés de nos sociétaires. Fallait-il pour autant leur refuser un prêt ? Et, comme le fait remarquer Jean-Marc de Boni, Directeur Général de la Nef : "Il est clair que des acteurs comme Total ou Areva sont des investisseurs très présents dans les énergies renouvelables : Tenesol, leader européen du panneau photovoltaïque est une filiale de Total et EDF. Devons nous dès lors refuser de financer des installations réalisées avec leurs panneaux et préférer les panneaux chinois ? Le débat mérite d'être posé."

Dans l'attente des réactions des sociétaires de la Nef,
Philippe Leconte,
Président du Conseil de Surveillance de la Nef et Président du Conseil d'Administration de NCEM.
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hervé



Inscrit le: 09 Juil 2008
Messages: 36
Localisation: 44

MessagePosté le: Mar Avr 19, 2011 6:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Merci Philippe pour ta réponse. Je n'ai, pour ma part, trouvé aucune information sur le capital de la société sus-citée. @ Franck : avant de jeter une information, la règle c'est de citer tes sources que chacun puisse se faire une opinion.
Quant au débat sur le nucléaire, de toutes façons les centrales sont là et il faut bien en gérer les conséquences présentes et futures... Et faire croire à une population désinformée que le remplacement de celles-ci par des énergies renouvelables est une forfaiture, compte-tenu de la consommation mondiale aujourd'hui. Là encore, plutôt que la pédagogie, tout le monde joue à l'autruche, nous y compris... Mais c'est un autre débat...
_________________
"Ni Dieu, ni maître, même nageur"
Jean Yanne
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leconte



Inscrit le: 26 Juil 2006
Messages: 40

MessagePosté le: Mar Mai 03, 2011 12:26 pm    Sujet du message: Réponse de Jacques B. Répondre en citant

Notre ami Jacques B. m'envoie une réponse que je mets sur le site comme participation à la discussion :

Cher Philippe,
À ta demande, voilà ma première réaction ; tardive mais j'étais absent depuis 10 jours :
a) Le procédé est douteux (message anonyme, ça ne passe jamais !)
b) La véracité de l'information est également douteuse : s'agit-il de "s'associer" aux actionnaires actuels ou de racheter leurs parts ?
c) .... Mais quand même, la question est bonne, ...et très embarrassante.
Et tes arguments ne sont pas (tous) convaincants :
- La pratique de la Nef en matière de transparence est unique et indispensable,
mais elle n'est que partielle : Le "a posteriori" pose problème ;
- Les citations de J.P. Bideau sont en partie hors-sujet : Oui, il y a des bons et des méchants,
même s'ils sont parfois difficiles à identifier ; et, à défaut de "créer un petit paradis sur terre", on peut, on doit , autant que possible, choisir ses fréquentations. C'est une question de vocation (adorer Dieu ou Mammon).
- Argu de JMdB : Il m'étonnerait que Tenesol, tout leader mondial qu'il soit, soit le seul producteur de panneaux photovoltaïques à utiliser ; et donc l'allusion aux panneaux chinois frise le chantage. Cela me rappelle " Le nucléaire ou la lampe à pétrole"....
Conclusion : Je ne tranche pas vraiment, mais je rappelle avec force un vérité première :
"TOUT SE PAYE , TOUJOURS ; TÔT OU TARD" (y compris les cautions données)
Bien amicalement,
Jacques B
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Béatrice Poncin



Inscrit le: 04 Mai 2011
Messages: 1

MessagePosté le: Mer Mai 04, 2011 1:59 pm    Sujet du message: nef associée a areva Répondre en citant

Bonjour

Je ne connais pas Phytorem et de toute façon, je ne souhaite pas répondre sur le contenu du message mais sur la question plus générale de considérer l'éthique ou encore la vocation de la Nef ou encore les critères de prêt.

En ce qui concerne la question de l'éthique et la vocation de la Nef, j'apprécie le positionnement qui n'est pas une vision duelle (le bien et le mal) mais complexe. J'apprécie que la Nef ne soit pas dans le jugement de valeur (nous sommes bons et pas vous) car c'est une vision de la société qui ne permet pas la coopération. La coopération implique que je m'estime et que j'estime l'autre.

En ce qui concerne les critères, il s'agit ici de se demander si l'on considère l'objet du prêt, l'activité, le porteur de projet (l'entreprise), le contexte environnemental, la relation du porteur de projet aux autres et à son environnement. Je cite ici les points de repères construits avec les chargés de crédit.
Porter son regard sur l'actionnariat (le propriétaire de l'entreprise) peut en effet être un angle de vue qui touche la nature de l'entreprise, voire la relation de l'entreprise aux autres et à son environnement.
À ce titre, je conçois l'ambiguité et la réaction de cette personne (est-ce un sociétaire ? tu parles d'anonymat).
Nous retrouvons là des interrogations des chargés de crédit. Sommes-nous dans une démarche incluante ou excluante, sommes-nous éthiques lorsqu'un agriculteur non-bio (voire polluant) installe du photovoltaïque dans un but de profit. Et pourtant il produit de l'énergie renouvelable. L'exemple est fort différent mais il illustre cette démarche de ce que l'on regarde. Est-ce que l'on considère son intention (= faire de l'argent, et : est-ce mal ?!) ou considère t-on sa posture par rapport à l'environnement (agri non bio). Mais, on ne considère pas son activité puisqu'il ne vient pas en tant qu'agriculteur mais en tant que proprio d'un toit (c'est d'ailleurs la différence entre les prêts aux particuliers et les prêts pro : on ne demande pas aux particuliers d'exercer une activité "éthique"). C'est l'ensemble du contexte qui aide à trancher, mais il n'y a pas de jugement de valeur.
Alors une filiale d'Areva dans l'actionnariat… on est dans de l'indirect. Quelle est la nature des liens ?
Ici, je ressens que l'activité et l'objet du prêt sont les critères de base. Il ne s'agit pas ici de soutenir Areva.
(Par ailleurs, le sujet du forum porte à caution puisqu'il s'intitule "nef associée à areva", c'est une provocation douteuse.)

Je te rejoins dans la réflexion que ce n'est pas parce qu'un industriel soutient que cela implique automatiquement que la Nef ne doit pas soutenir. Ce serait une forme de dépendance ou de "moutonnage" à l'envers. La Nef assume ses choix, indépendamment des implications ou non implications des uns ou des autres. Cependant, je dois nuancer mon propos car « être ensemble » (co-sociétaires ou co-actionnaires) signifie a-minima de partager les mêmes valeurs et d’œuvrer dans le même sens. C’est se reconnaître de la même volonté de contribuer à une société plus humaine, respectueuse de son environnement et pouvoir s’asseoir à la même table.

Je ne sais pas si l’information initiale est juste ou pas, néanmoins le sujet est intéressant et vient toucher nos cadres de références (notre rapport à la réalité) dans une actualité sensible.

Pour revenir sur l'anonymat, je l'estime gênant en soi. Tout sociétaire est légitime pour ouvrir une discussion, car sinon, la transparence ne servirait qu'à se donner une bonne conscience sans exercice de notre citoyenneté (donner notre opinion et exercer notre libre arbitre). C'est une condition de la démocratie.

Je suis sensible également à la façon d’exprimer un point de vue, et le ton employé par la personne qui a ouvert le débat me semble « raide ». Cela me touche car la façon de s'exprimer et donc la façon d'être dans son rapport aux autres me semble être une écologie humaine autant importante (si ce n'est plus) que l'écologie de l'environnement (que faire d'un monde propre où les hommes se déchirent entre eux).

En ce qui me concerne, j’apprécie que la Nef soit dans l'ouverture, ce qui est, en soi, une posture éthique. Concernant les sujets plus délicats ou plus complexes, où il est difficile, seul, de se faire une opinion, il est utile d’avoir des espaces de réflexion pour s’enrichir mutuellement de nos points de vue.
Cordialement
Béatrice Poncin
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nef67ce



Inscrit le: 08 Juin 2007
Messages: 32

MessagePosté le: Mer Aoû 24, 2011 3:49 pm    Sujet du message: Réponse à Philippe Leconte Répondre en citant

Bonjour,

J'ai été choquée par la réaction de Philippe Leconte sur ce forum suite au questionnement d'un sociétaire.

Par un échange avec Phllippe Leconte lors de l'ARC Alsace, j'ai pu lui exprimer mon ressenti et éclaircir avec lui les liens entre la société en question et AREVA, qui selon mes souvenirs ne seraient pas directs.
Cependant, je regrette que son message n'ait pas consisté à développer ce point qui me paraît plus que fondamental suite à l'inquiétude exprimée.
Sa réponse m'a permis cependant de mettre en lumière sa pensée qui m'inquiète et me questionne grandement.

Bien sûr que si la Nef entrait dans le capital d'une société au côté d'AREVA se serait "vendre son âme". Cela relève pour moi d'une évidence et d'un prérequis de mon engagement à la Nef.

De ce que j'entends de la conception de Philippe Leconte des prises de décisions quant à la destinée de l'argent confié par les sociétaires à la Nef, elle me paraît plus qu'affolante.
J'en retiens que l'organe de "crédit" décide où va être fait l'investissement et a posteriori les sociétaires jugent du bien-fondé des actes accomplis par cette instance.
C'est peut-être une réalité de fonctionnement sur laquelle je pense qu'il faudrait alors travailler.
Ma vision est plutôt que la Nef : ses sociétaires, ses représentants et salariés, fixent collectivement les objectifs de l'investissement de l'argent collecté. Puis ceux-ci sont heureux de voir la liste des prêts, annuellement publiée, fruit de leur engagement.
Il ne s'agit pas alors de "jugement a posteriori" mais de la mise en action d'une volonté commune.

Pour ce qui est de la règle : "si tu es éthique, tu ne dois pas t'associer avec ceux qui ne le sont pas. Sinon tu trahis tes principes". Je dis oui, entièrement d'accord avec celle-ci.

Je me permets d'interpréter autrement la parole de Jean-Pierre Bideau citée dans le message de Philippe Leconte ("Si tu veux chasser le démon de chez toi, méfie-toi qu'il ne revienne pas discrètement par la fenêtre").
A travers celle-ci se pose ici pour moi la question quotidienne du juste compromis, pour que le démon ne rentre pas par la fenêtre, entendez pour que nos valeurs puissent fructifier.
Le "petit paradis sur terre" est de ne pas se renfermer sur soi-même et ainsi de vivre en ermite au sein de la Nef mais de créer des alternatives concrètes au système actuel et de sensibiliser autour de nous à une autre approche actuellement occultée.

Pour ce qui est de l'interrogation sur la nature des collaborateurs présents dans le capital. C'est donc en effet pour moi une donnée primordiale.
Dans quoi voulons nous que l'argent dont nous disposons soit investi? Et avec qui voulons nous faire des projets? Dans quels buts?
A l'heure actuelle, il me semble difficile de trouver de grands industriels voulant une société plus juste.
Par l'explication de Philippe Leconte, je me pose la question de savoir pourquoi avoir fait alliance avec le Crédit Coopératif? Pourquoi pas le Crédit Mutuel ou la Société Générale?
Quel compromis ferons nous demain? Pour quelle société future?
Les compromis me semblent indispensables mais dans le respect incontournable de nos valeurs. Ceci tout en les retravaillant au quotidien car ils sont faits à un moment précis.
Ainsi, notre compromis était remis pour moi en question lors du regroupement du groupe Banque Populaire Caisse d'Épargne et du Crédit Coopératif.
Où va notre argent ???

"[...] Et vous ne posez pas la question de savoir en quoi une éventuelle participation au Capital peut intervenir dans l'action de la société en question, [...]". Doit-on participer à tout prix alors à toutes les sociétés? Où est notre engagement? Ne devraient-on pas favoriser d'autres initiatives?
Oui, pour moi se pose ici cette question, encore davantage lorsque des groupes comme AREVA sont prêts à investir dans des sociétés ou à leur donner des prix que celles-ci acceptent.

Enfin, quant à la référence faite par Philippe Leconte aux panneaux solaires. En effet, actuellement ce qu'on appelle développement durable est dominé par des firmes dont les objectifs ne sont pas les miens.
Notre engagement ne devrait-il pas se focaliser sur le soutien à des réflexions sur ce sujet, à des alternatives, comme par exemple la relocalisation de l'énergie avec Énercoop, avant de citer les panneaux solaires de Total qui participent à la destruction de la Terre et des Hommes?

A travers ma compréhension des propos de Philippe Leconte, je me questionne sur les valeurs de la Nef.
Quelles sont-elles? Pour quelle société d'aujourd'hui et de demain? Par quels moyens?

Bien cordialement,

Laure Brun, sociétaire bénévole à Colmar (6Cool
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leconte



Inscrit le: 26 Juil 2006
Messages: 40

MessagePosté le: Ven Sep 02, 2011 3:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Chère Laure Brun,
Vous prenez la parole sur ce forum et je m'en réjouis.
Comme Jacques B. un peu plus haut vous exprimez une position critique par rapport à la mienne et c'est non seulement votre droit, mais une nécessité pour que la Nef trouve sa juste voie au sein des événements et des rencontres qu'elle fait. C'est avec la diversité des jugements que nous pourrons décider des actions que la Nef doit réaliser.

Tous les deux vous avez réagi fortement sur mon expression "a posteriori". Je pense que vous avez raison de compléter ma formulation. Il y a bien un travail initial de formulation des objectifs d'investissement. Depuis l'origine de la Nef, ce travail se fait régulièrement, notamment avec le Comité d’Éthique, aux assemblées de sociétaires et chaque fois qu'un sociétaire nous contacte à propos d'un prêt publié dans l'annexe du rapport annuel. Ensuite, les chargés de crédit et le comité d'engagement doivent agir en toute responsabilité et ce n'est qu'a posteriori que les sociétaires pourront évaluer si cette action correspond bien à leur volonté éthique. Il y a là une opportunité d'évolution constante. De plus, la constitution des cercles d'initiative territoriale devrait approfondir la qualité de ce travail.

En ce qui concerne l'étude qu'avait faite la société NCEM et qui l'aurait conduite à investir dans une société où AREVA était fortuitement un actionnaire ultra minoritaire, la décision a été prise de ne pas poursuivre pour des raisons qui dépassent la question posée d'une cohabitation auprès d'AREVA. J'avais cependant tenu à maintenir ouvert le débat amorcé d'une manière anonyme par le dénommé « Franck ». Je voulais pas aborder les détails de l'affaire, car ils concernent une phase où la transparence n'est pas de mise. En effet, tant que NCEM n'a pas décidé d'investir dans une société, elle n'est pas à même d'exiger d'elle le droit de communiquer sur l'opération envisagée. J'ai donc maintenu une discussion sur un plan général et en fait beaucoup trop général.

J'entends bien aujourd'hui qu'en tant que sociétaire prenant la parole, vous estimez qu'il n'est pas juste de cohabiter avec une société comme AREVA. Je reconnais que si NCEM était présente avec AREVA dans le capital d'une société à des niveaux de participation comparables, ce serait insupportable et il n'est jamais venu à mon esprit de trouver cela normal. C'est pourquoi j'avais demandé aux responsables de NCEM de poser la question d'un rachat éventuel des quelques parts d'AREVA dans le capital de la société avant de poursuivre. Comme je l'ai dit, il n'y a pas eu de suite et donc pas de nécessité de procéder à une telle opération.

Vous affirmez :
Citation:
Les compromis me semblent indispensables mais dans le respect incontournable de nos valeurs. Ceci tout en les retravaillant au quotidien car ils sont faits à un moment précis.

Je ne peux qu'être d'accord avec vous et je vous remercie de le rappeler. Ce que je voulais dire en citant Jean-Pierre Bideau, c'est que la question des compromis se pose inévitablement et qu'elle n'a pas de solution toute faite excluant a priori toute relation avec le monde et ses turpitudes. Mais je crois comprendre que vous acceptez cette formulation. Mais il reste alors à savoir si nous devons refuser un prêt à un sociétaire qui s'équiperait de panneaux solaires photovoltaïques produits par une filiale de Total. Question à débattre.

Vous abordez ensuite la question des compromis que constitue notre alliance avec le Crédit Coopératif. Les deux institutions sont fortement intriquées pour des raisons qui ont été longtemps à leur bénéfice réciproque. Beaucoup de sociétaires souhaitent comme vous une clarification de cette situation et notamment par la transformation de la Nef en Banque de plein exercice afin de bien distinguer leurs images respectives. Comme vous le savez, nous travaillons dans ce but et c'est pourquoi nous avons décidé de poursuivre le projet de Banque Éthique Européenne.

Enfin, vous vous questionnez sur les valeurs de la Nef. Je ne peux que vous répondre que ces valeurs se trouvent là où elles sont élaborées par un échange entre les sociétaires sur chaque sujet sensible. Elles sont donc en jeu dans ce débat auquel je vous remercie de participer.
Bien amicalement,
Philippe Leconte
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jean - Marc DE BONI



Inscrit le: 13 Oct 2009
Messages: 5
Localisation: Villeurbanne

MessagePosté le: Ven Sep 02, 2011 4:10 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour chère Laure,

Je laisserai bien évidemment Philippe Leconte répondre au questionnement que vous lui adressez.

En tant que Pdt du Directoire, je souhaite cependant verser au débat un élément "technique" avec lequel nous devons obligatoirement (sous peine de disparaitre) composer : la réglementation bancaire telle qu'elle est mise en œuvre par le régulateur français qu'est l'Autorité de Contrôle Prudentielle (ACP).

En effet, le rôle premier donné à l'ACP est de s’assurer des conditions de sécurité des déposants afin que ceux-ci soient assurés de retrouver leurs avoirs. Ce dont nous ne pouvons que nous féliciter. Dans cette démarche, l'ACP a mis en place une règle consistant à éviter le développement "anarchique" de nouveaux établissements qui pourraient faire courir un risque aux déposants. Cette règle est assez simple : tout nouvel établissement doit être « parrainé » par un établissement jugé suffisamment solide pour garantir la sécurité des dépôts. L'autonomie n'étant donné à un établissement que lorsque l'ACP considère que sa taille et sa solidité financière sont devenues suffisantes. Sans ce "parrainage", cet adossement, l'établissement n'a tout simplement pas le droit d'exercer.

Dans ce contexte, il n'existe aujourd’hui en France que 6 "parrains" possibles : la BNP, La SG, le Crédit Agricole, BPCE (banque Populaire Caisses d'Epargne) , le Crédit Mutuel et la Banque Postale. Tous les établissements bancaires et/ou financiers doivent donc obligatoirement choisir leur "parrain" dans cette liste. Liste qui s'est réduite depuis une quinzaine d'années et qui pourrait continuer à se réduire.

C'est dans ce contexte que La Nef a, à l'époque, choisi le Crédit Coopératif plutôt qu'un autre en raison de son implication forte dans l'Economie Sociale. Cependant, le Crédit Coopératif, qui était indépendant, s'est vu contraint à son tour par le régulateur de s'adosser à un plus gros que lui. Les sociétaires du Crédit Coopératif ont alors choisi de rejoindre le Groupe Banques Populaires et leur banque est devenue une BP au début des années 2000.

Ces faits s’imposent à nous de façon impérieuse. A moins d’une évolution de la règle par le législateur.

Jean - Marc DE BONI
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