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Message |
Christian Richard
Inscrit le: 13 Nov 2006 Messages: 1
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Posté le: Mer Nov 29, 2006 1:51 pm Sujet du message: Pourquoi se transformer en banque ? |
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| Je suis un récent sociétaire, et ne pourrai pas être des vôtres le 9 décembre. J'aurais aimé comprendre le pourquoi de la transformation en banque, qui semble aujourd'hui être une évidence pour tous (le dernier n° de Vif-Argent ne dit rien à ce sujet), mais qui vaut sûrement un rappel. Merci d'avance. |
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jpp
Inscrit le: 08 Déc 2006 Messages: 1
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Posté le: Ven Déc 08, 2006 4:57 pm Sujet du message: |
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Je suis très favorable à la NEF (bientot sociétaire) mais Le problème que je vois personnellement c'est que la NEF doit avoir une vraie banque comme partenaire, en l'occurence le Crédit Coopératif actuellement. Et là je suis sorti de mes illusions : j'ai dit au Crédit coop qu'il n'avait de coopératif que le nom, et j'ai déjà remonté à la NEF qu'elle gagnerait à changer de partenaire.
En effet, voici l'expérience que j'en ai :
J'ai monté un petit commerce en tant que porté salarial, c'est à dire que je bénéficiais d'une structure qui avait elle (mal) négocié avec sa banque (le Credit Coop, puiqu'ayant un compte NEF) : pour disposer d'un TPE (matériel pour paiement carte bleue), le Cred Coop me prenait une commission de 0,9% avec un seuil pour chaque transaction de 1€50 la première année, et 1€00 la seconde , (et davantage encore pour les cartes étrangères, même d'Europe ! )
; alors que la plupart des autres banques prennent 0,7% et pas de seuil.
Vendre un article inférieur à 30€ avec une ponction de 1€ (à quoi il faut
rajouter le frais de comm téléph + location du Terminal de Paiement
Electronique d'environ 30€ mensuel). Se voir ainsi grignoter sa marge, c'est quoi ce travail ?!
Ceci dit, comme beaucoup d'autres banques, les décisions tarifaires sont
régionales et les négociations sont à la tête du client... alors je n'ai peut-être pas eu de chance !
Mais moi, les organismes bancaires, qui redorent leur blason via une soi-disant éthique, devront toujours compter sur moi pour leur faire de la contre-pub. Et mon compte à la Nef attendra. |
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La Nef
Inscrit le: 27 Avr 2006 Messages: 243
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Posté le: Ven Déc 15, 2006 4:15 pm Sujet du message: |
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Bonjour,
A l’occasion du Congrès des sociétaires du 9 décembre dernier, la question de la nécessité de transformation de la Nef en banque a été soulevée par plusieurs sociétaires. Nous souhaitons donc apporter ici des éléments de réponse en publiant un extrait du discours de Jean-Luc Seignez, membre du Conseil de Surveillance de la Nef, prononcé lors du Congrès :
« (Le projet de la Nef) est fondamentalement culturel et il n’est que secondairement économique. Ce qui prime en effet dans ce projet, c’est ce qui donne un sens à la société, ce qui concerne les liens entre les personnes. Ce projet est tout entier dans le nom même de la Nef : faire de la fraternité le principe de fonctionnement de l’économie.
Par la considération pour la personne humaine, par le dialogue et la transparence, ce sont les développements de la conscience individuelle, de la responsabilité individuelle et de la possibilité d’action individuelle qui sont favorisés. Affirmer, comme l’écrivaient Jean-Pierre Bideau et Henri Nouyrit en janvier 1994 dans le texte : " Fondements d’une banque solidaire d’après l’expérience de la Nef " : « la banque cherche à ce que se réalise non ce qu’elle veut, mais ce que veulent les hommes qui s’adressent à elle », affirmer cela, c’est fonder une nouvelle culture bancaire.
En ce sens, et à la très modeste place qui est la sienne, le projet de la Nef est un projet de société ; c’est un projet politique.
Il est dès lors évident que la Nef ne pourra assumer ce destin de façon juste et saine que dans un environnement où elle pourra continuer à innover et où elle pourra exercer de façon pleine et entière sa responsabilité, à commencer par la responsabilité historique de répondre à une attente et un besoin croissants des citoyens d’aujourd’hui d’une banque éthique. Celle-ci naîtra quoiqu’il arrive, avec ou sans nous.
Compte tenu des enjeux d’une telle naissance, compte tenu de la spécificité et de l’expérience de la Nef, il est de notre devoir aujourd’hui de chercher avec ceux qui se reconnaissent dans ce projet de banque éthique, les alternatives à un adossement des plus propices à la construction de relations fraternelles dans l’économie. C’est bien plus que du seul destin de la Nef dont il s’agit ! »
L’essentiel des interventions et des travaux réalisés lors du Congrès seront prochainement disponibles pour les sociétaires désireux de les consulter sur simple demande auprès de la Nef. Pour tout renseignement complémentaire, rendez-vous dans le prochain numéro de Vif-argent à paraître fin février. _________________ L'équipe de la Nef |
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Estèphe
Inscrit le: 16 Déc 2006 Messages: 6
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Posté le: Lun Déc 18, 2006 5:36 pm Sujet du message: "Continuer à innover" & "responsabilité h |
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| La Nef a écrit: | Il est dès lors évident que la Nef ne pourra assumer ce destin de façon juste et saine que dans un environnement où elle pourra continuer à innover et où elle pourra exercer de façon pleine et entière sa responsabilité, à commencer par la responsabilité historique de répondre à une attente et un besoin croissants des citoyens d’aujourd’hui d’une banque éthique. Celle-ci naîtra quoiqu’il arrive, avec ou sans nous.
(...)
C’est bien plus que du seul destin de la Nef dont il s’agit ! |
Voilà un discours très inquiétant !
Le projet d'une banque éthique est intéressant, il mérite d'être discuté pour en peser les richesses (les projets qu'il sera dès lors possible de soutenir, par exemple par des prêts aux particuliers) et les risques.
Mais l'argumentation ici développée est consternante.
Premier point : pourquoi serait-il indispensable de "continuer à innover" ? Il n'est pas toujours utile de suivre le mouvement du progrès pour assumer pleinement ses "responsabilités"... Je ne doute pas un instant que les sociétaires de La Nef sont aussi des gens critiques quant au discours sur le progrès. Sortir du système économique suppose aussi de remettre en question ce type d'obligations. Comprenons nous bien. Cette innovation, la transformation d'une société financière en une banque, est peut-être une innovation intéressante, mais elle ne peut pas sérieusement, sauf à remettre en cause l'ensemble des valeurs de La Nef, être justifiée par une obligation d'innovation.
Deuxième point : qu'est-ce qu'une "responsabilité historique", de quel "destin" est-il question ? Ce vocabulaire accompagne le discours sur le progrès, certes, mais cela va encore plus loin. Comme s'il y avait une histoire déjà écrite et concrétiser. Il en va là du discours Hegelien sur l'histoire, discours repris notamment par Marx. J'ose espérer que tous les sociétaires de La Nef sont suffisamment imprégné d'écologie pour être critique quant à ce discours "dialectique", qu'il s'agisse d'un matérialisme dialectique ou non. Je pardonne par contre lesdits sociétaires de ne pas forcément connaître la conception d'Hannah Arendt sur l'histoire, pourtant très éclairante sur la situation de La Nef.
Pour Arendt, l'histoire se caractérise par une fragile succession d'actes imprévisibles et irréversibles. Chaque acte engage la responsabilité de son auteur et déplace le monde dans des contrées encore inconnues. Il n'est jamais possible de calculer (par une savante pratique du billard à 3 bandes) ce qui va advenir, et les destins à la hauteur desquels il s'agit d'être. Il est seulement possible d'innover, de lancer de nouvelles initiatives, de voir ce qu'elles créent dans le monde puis d'ajuster, de recommencer de nouvelles innovations.
L'argumentation par une obligation historique me semble non seulement illégitime mais dangereuse.
Tout cela contribue à vouloir nous montrer que cette banque éthique est une évidence, que nos petits intérêts de sociétaires La Nef doivent être rabaissés puisqu'il s'agit d'un destin plus grand.
Je n'aime pas la tournure que cela prend.
Alors, chiche. Il s'agit d'un destin plus grand. Allons-y, que soit créée une banque à la hauteur du moment historique et des besoins d'innovations qui n'attendent plus que nous ! Et que La Nef s'associe à cela !
Mais sans toucher à la magnifique réussite qu'est La Nef actuellement. Ne transformons pas La Nef actuelle, ne créons pas une banque La Nef en plus de l'association et de la société financière (comme une troisième entité qui viderait progressivement la société financière de sa signification).
Quoiqu'il en soit, j'espère que ces échanges annoncent une riche période de débat, et pas quelques discours lénifiants nous expliquant les décisions nécessaire à prendre.
Coopérativement,
Estèphe |
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La Nef
Inscrit le: 27 Avr 2006 Messages: 243
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Posté le: Jeu Jan 25, 2007 1:05 pm Sujet du message: |
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Cher Estèphe,
Je suis très sensible à votre réponse qui nous informe sur la réaction que peut provoquer tels ou tels mots que nous avons prononcés ou écrits. En effet, il ne peut s’agir que de malentendus et non discours inquiétant ou de tournure mal venue.
Il n’existe pas à la Nef de besoin d’innovation ni d’obligation à innover au nom d’un quelconque mythe du progrès. S’il faut innover, c’est parce que le monde nous y contraint. C’est parce que les mots et les formes que prennent nos actions s’éloignent sans cesse de leur sens premier ou sont imités par ceux qui voudraient avoir part à notre succès sans en assumer les fondements. Et le texte que vous stigmatisez et qui vous inquiète ne parle pas « d’obligation d’innovation ». C’est vous qui interprétez.
Il est question de responsabilité ce qui signifie que, par suite, il reste à décider librement de ce que l’on fait en regard de l’évolution de la réalité extérieure. Vous citez et vous rapprochez les mots « responsabilité historique » et « destin ». Vous y voyez l’évocation d’une histoire déjà écrite. Il n’y a rien de tout cela.
S’il y a une raison de parler de responsabilité historique, c’est uniquement parce que, depuis plus de sept années, le nombre des sociétaires augmente de 25% par an. C’est donc un mouvement puissant et il est important que nous soyons, vous et moi, à la hauteur de cet événement historique que ni vous ni moi n’avons créé. Je ne vois d’ailleurs pas en quoi votre citation d’Hannah Arendt (que je trouve admirable de réalisme) vient en appui de votre critique. Evidemment, il est impossible de calculer ce qui va advenir, et les destins à la hauteur desquels il s’agit d’être. Mais, il s’agit d’une attente concrète d’hommes et de femmes mettant aujourd’hui leurs espoirs dans la Nef.
L’argumentation par une obligation historique n’est pas dans le texte et c’est vous qui transcrivez. A nouveau, il est question de responsabilité ; ensuite, il faut décider de ce que l’on fait.
Admettons que le terme de destin puisse vous choquer et qu’il risque d’être mal interprété. Mais je ne vois pas en quoi ce terme implique qu’il faille rabaisser les intérêts des petits sociétaires de la Nef, au nom d’un destin plus grand, alors même que c’est à une attente des sociétaires que nous voulons répondre. Cette attente, nous la constatons tous les jours, non seulement avec les nouveaux sociétaires qui arrivent, mais chaque fois que nous les rencontrons les sociétaires, même les plus anciens ou les emprunteurs qui s’adressent à la Nef pour devenir plus responsables plus autonomes dans leurs choix de vie.
Ensuite, vous dites : « Alors, chiche… Que soit créée une banque à la hauteur du moment historique et des besoins d’innovations qui n’attendent plus que nous ! Et que la Nef s’associe à cela ! Mais sans toucher à la magnifique réussite qu’est la Nef actuellement. Ne transformons pas la Nef actuelle, ne créons pas une banque La Nef en plus de l’association et de la société financière. »
Cela signifie-t-il : « Restons où nous sommes, ne bougeons plus ! »
Que va-t-il rester de la Nef dans 5 ans si c’est cela notre politique ?
A ce point, pour nous comprendre, cher Estèphe, il faudrait que nous nous rencontrions et que nous parlions ensemble de vive voix.
A bientôt, je l’espère.
Bien cordialement,
Philippe Leconte
Président du Conseil de Suveillance |
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Estèphe
Inscrit le: 16 Déc 2006 Messages: 6
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Posté le: Ven Mar 02, 2007 8:17 pm Sujet du message: |
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Bonjour,
Merci de votre réponse, et pardonnez mon ton un peu vif. Au-delà de mes réactions, peut-être maladroites, sur le destin et l'histoire, le plus important pour moi est le post que j'ai publié sur l'autre fil de discussion, et en particulier l'invitation à avoir le "courage de nous avouer ouvertement les points difficiles" !
A ce titre, je suis évidemment très touché que ce message soit publié dans "Vif Argent". Cela me laisse entendre que le message a été entendu.
Je suis d'autant plus impatient de voir les débats à venir, avec le livre du congrès, l'AG du mois de Mai, et tout ce qui suivra...
Je souhaite aussi que plus de sociétaires interviennent ici.
Coopérativement,
Estèphe |
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La Nef
Inscrit le: 27 Avr 2006 Messages: 243
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Posté le: Jeu Avr 12, 2007 8:53 am Sujet du message: Retour sur le Congrès des sociétaires du 09 décembre 2006 |
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Une information sur le Congrès des sociétaires qui s'est déroulé le 09 décembre dernier autour du thème "Quelle banque éthique en France ?" est consultable sur : http://www.lanef.com/lanefenaction/actu_relances.php?id=34 _________________ L'équipe de la Nef |
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Proudhon
Inscrit le: 10 Oct 2007 Messages: 5 Localisation: St Etienne
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Posté le: Sam Oct 13, 2007 12:16 pm Sujet du message: Réponse à Estèphe |
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Le problème qui selon moi pose problème n'est pas tant le contenu du message incriminé mais le fait que ce texte est d'un commun que l'on retrouve un peu de partout à l'heure actuelle.
C'est ce que j'appelle les textes de "Cadres". Les mêmes mots, la même réthorique. Il ne manque plus que les Brain Storming, Concept Product et autres imbécilités à la mode anglaise dont nous polluent les monographies diverse et variées des grands groupes industriels français actuels. Il est vrai qu'il est plus facile de formuler des mots ou suite de mots que de s'occuper des vrais problèmes de productions de l'entreprise. Je ne parle pas spécialement de La Nef (sauf dans l'élaboration d'une forme d'écriture stéréotypée), mais d'un grand nombre d'entreprises actuelles.
C'est pourquoi souvent, le texte peut porter à confusion.
En ce qui concerne Hannah Arendt, qui est semble-t-il très à la mode depuis quelques années.
Je m'excuse, je ne suis qu'un citoyen lambda mais dire et croire que l'histoire se résume à une fragile succession d'actes imprévisibles et irréversibles est vraiment du n'importe quoi et suppose une méconnaissance totale de l'histoire officielle et spirituelle du monde.
L'histoire du monde dans son ensemble prouve que la grande majorité des actes et effets historiques sont préparés par avance par nos machiavéliques dirigeants et leurs maîtres. Les opinions publiques sont façonnées avec l'aide des médias et autres laquais. L'exemple de la guerre en Irak est frappant. Et ils sont nombreux. Surtout quand les dossiers sont déclassifiés, souvent en partie seulement.
Si je peux vous suggérer deux lectures de conférences de Rudolf Steiner qui tout en datant du début du siècle passé (1916-1917) sont toujours d'actualité :
"La liberté de penser et les mensonges de notre époque "
"Derrière le voile des événements"
Aux éditions Triades.
Cordialement |
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