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NÉO-BANQUES “VERTES” VERSUS BANQUES ÉTHIQUES

L’année 2020 a vu fleurir des initiatives de type « néo-banques vertes » dans le paysage bancaire français. Vous ne les connaissez sans doute pas encore, mais vous pourriez rapidement en entendre parler tant l’attente d’initiatives alternatives aux banques traditionnelles se fait ressentir en France. Dans ce contexte, il peut être utile de revenir […]

14-10-2020

L’année 2020 a vu fleurir des initiatives de type « néo-banques vertes » dans le paysage bancaire français. Vous ne les connaissez sans doute pas encore, mais vous pourriez rapidement en entendre parler tant l’attente d’initiatives alternatives aux banques traditionnelles se fait ressentir en France.

Dans ce contexte, il peut être utile de revenir sur l’identité de la Nef en tant que banque éthique et de tenter une comparaison avec ces “nouveaux entrants” positionnés en “néo-banques vertes” le plus souvent.

LES PILIERS FONDATEURS DES PROJETS DE BANQUE ÉTHIQUE

La Nef s’inscrit dans le mouvement plus global de banques éthiques européennes. Elle s’est inspirée de certaines d’entre elles (comme GLS en Allemagne) et a pu, en partie, inspirer d’autres initiatives, notamment Banca Etica en Italie. 

L’ensemble des banques éthiques se reconnaissent des traits de personnalité, qui constituent le socle de leur projet social. Ces piliers sont repris comme éléments fondamentaux de la définition de ce qu’est une banque éthique par la Fédération Européenne des Banques Éthiques et Alternatives (FEBEA). Nous pouvons en retenir trois principaux :

  • Le financement exclusif de projets écologiques, sociaux et culturels

Les banques éthiques ont pour objet social d’utiliser de manière responsable l’argent confiée par ses membres, au travers du prêt principalement. En plus d’exclure certains secteurs d’activité (armement, tabac, nucléaire, pornographie etc.), elles s’engagent à sélectionner les entreprises et associations avec qui elles travaillent selon des critères d’impact environnementaux, sociaux et/ou culturels.

Ainsi, l’argent confié à la Nef permet de financer directement chaque année environ 500 projets locaux dans l’agriculture biologique, les énergies renouvelables, des entreprises d’insertion, des tiers-lieux culturels, etc. En 2019, la Nef a octroyé près de 80M€ de crédits à des entreprises sociales, elle représentait ainsi 29,5% de l’ensemble des financements accordés aux entreprises sociales en France (source Zoom 2020 sur la finance solidaire de Finansol).

  • La transparence

La gestion responsable de l’argent confiée par ses membres va de pair avec un deuxième pilier constitutif de l’ensemble des projets de banque éthique : la transparence dans la gestion de l’argent. En effet, toute banque éthique s’oblige à rendre public les financements accordés et les mécanismes financiers qui la constituent.

Consultez la liste des financements de la Nef

  • La forme coopérative

Les banques éthiques regroupées au sein de la FEBEA, s’accordent également sur une forme d’entreprise permettant de limiter la lucrativité de leur projet, d’impliquer leur membres dans leur gouvernance et d’assurer une plus grande indépendance de la banque. Ainsi, les banques éthiques les plus proches de la Nef comme la Banque Alternative Suisse, GLS, Banca Etica, Crédal ou Merkur Bank sont des coopératives. 

UN POSITIONNEMENT DIFFÉRENT POUR LES “NOUVEAUX ENTRANTS” 

Les néo-banques vertes qui voient le jour en Europe de l’Ouest depuis quelques années, et depuis 2020 en France, ont des principes fondateurs très différents de ceux des banques éthiques. 

  • Un compte de paiement comme unique produit

Ces organisations se positionnent uniquement sur l’argent de “transaction” à travers un compte de paiement + carte bancaire. Cela signifie que, au moins dans un premier temps, elles ne chercheront pas à faire un usage direct de l’argent confié et répondre aux deux premiers critères des banques éthiques (financement exclusifs de projets à impact et transparence). 

  • L’usage des fonds collectés reste, pour le moment, une forte interrogation

Certaines des néo-banques cherchent des solutions pour orienter l’argent confié vers des investissements “verts” portés par des tiers (“Green Bonds”, investissements “verts” des principales banques de la place, etc.), mais nous ne savons pas encore si elles auront la capacité de le faire car cela dépendra des banques dans lesquelles les fonds seront déposés. 

En effet, aucune des néo-banques vertes ne dispose en propre d’un agrément lui permettant de gérer directement l’argent qui lui sera confié. Les fonds seront formellement déposés dans des établissements disposant de l’agrément. Nous savons à ce titre que SolarisBank et la Société Générale (via Treezor) font partie des établissements dans lesquels seront déposés les fonds de certaines de ces néo-banques. L’usage qui sera ensuite fait des fonds collectés reste à ce stade mystérieux, SolarisBank et la Société Générale ne communiquant pas sur la liste de leur financements.

Enfin, une des néo-banques vertes mise sur une promesse orientée sur la classification des dépenses des consommateurs pour les aider à consommer “mieux” et à réduire leur empreinte carbone sur leur achats. Cela peut être une bonne idée, mais différente de la proposition de la Nef de financement de la transition écologique et sociale sur les territoires.

  • Une orientation du projet sur l’écologie uniquement

A ce jour, les initiatives de néo-banques vertes ont un positionnement sur l’écologie mais pas sur la dimension sociale qui est chère à de nombreuses banques éthiques. Les questions d’inclusion, d’insertion par l’activité économique, de logement social ou de commerce équitable ne sont pas adressées par les néo-banques. 

De même, le soutien au champ culturel n’est pas une orientation portée à ce stade par ces acteurs.

  • Un statut d’entreprise “classique”

Aucune des initiatives que nous avons rencontrées n’a de statut coopératif. Cela peut inviter au questionnement car nous avons pu observer que plusieurs néo-banques (comme Nickel) ont été rachetées au bout de quelques années par des réseaux bancaires traditionnels. Le statut coopératif, par la largeur de son sociétariat et le principe 1 personne = 1 voix permet de limiter la possibilité de rachat par un tiers. Au delà de l’indépendance permise par ce statut, la coopérative permet l’expression d’une démocratie active au coeur de la banque et de replacer l’outil bancaire entre les mains des citoyens.

En conclusion, nous pouvons retenir qu’à ce stade, les initiatives de néo-banques vertes ont une promesse très différente de celle des banques éthiques comme la Nef.  L’enjeu central est que l’épargnant puisse bien saisir les différences de propositions.