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Stop au greenwashing des banques et de la finance

Alors même que l’on tente de mesurer toujours plus et toujours mieux l’impact de nos financements, emplois créés, insertion sociale, score carbone,… Est-on pour autant parvenu à améliorer nos actes, à les rendre moins nocifs pour l’Homme et la planète? 

Si on voit le côté positif des choses, augmenter le reporting, c’est augmenter l’obligation de montrer ce que l’on fait, donc on l’espère, faire un peu mieux, ou moins pire qu’avant. 

Si on voit les choses de manière moins idyllique, on peut dire que les paroles ont augmenté de manière exponentielle, là où les actes ont été, au mieux, en légère  progression. Et c’est ce qui définit selon nous le Greenwashing. On va expliquer à grands renforts de rapports, de publicités, de communication interne et externe, tout ce qui est un peu vert ou durable, tout en taisant le manque de cohérence, les investissements “bruns” (en opposition à vert) et globalement l’opacité du système.

Le greenwashing et les banques

Les institutions bancaires et financières françaises sont les championnes de ce phénomène: elles savent qu’il faut communiquer sur le “vert” pour attirer ou conserver des clients, et elles ont largement les moyens financiers pour cela. Par ailleurs, il faut bien avouer qu’aujourd’hui on ne les embête pas plus que cela en leur demandant des comptes. Alors autant poursuivre ainsi, tant que les profits qu’elles génèrent restent extrêmement élevés, et que le vernis de leur communication suffit. 

Ainsi, ce ne sont pas les institutions financières elles-mêmes qui vont se mobiliser et changer, tant que le profit est là. 

Existe-t-il une contrainte politique qui pourrait faire évoluer ces institutions, si elles ne le font pas d’elles-mêmes? 

Si on croit les récentes publications, notamment sur la taxonomie européenne, il semble que la réponse soit plutôt non. Ou pour le dire de manière plus lisse, que cette réponse n’est pas adaptée à l’urgence de la situation. En effet la taxonomie, terme peu lisible qui définit en gros les règles de “reporting” vert des acteurs financiers européens pour viser la neutralité carbone, n’est pas contraignante. Il y a obligation de construire les outils pour répondre à la demande de l’Europe, mais pas pour le moment de contraintes sur la proportion d’actifs verts à détenir. Vous aurez par ailleurs peut être lu que le gaz et l’énergie nucléaire, quoique faisant clairement l’objet de débats, ont été intégrés à cette taxonomie, notamment sous la pression de la France et de l’Allemagne. 

Si ce ne sont pas les banques qui changent d’elles-mêmes, et que l’on estime la contrainte législative encore trop légère, alors comment inverser cette tendance et substituer des actes efficaces à cette communication verte?

La solution: un entrepreneuriat engagé!

Chacun pourra avoir un avis sur le fait de savoir si c’est l’offre qui crée la demande ou l’inverse, ou encore si au départ il y avait l’œuf ou la poule. Et bien le parallèle peut clairement être fait entre entrepreneurs et épargnants. Notre avis est que les mouvements doivent s’auto-alimenter. Un épargnant refusera le greenwashing de sa banque et aura envie de placer son épargne ailleurs s’il voit se multiplier les initiatives entrepreneuriales durables, solidaires, cohérentes et transparentes. Et l’entrepreneur aura encore davantage envie, et intérêt, à agir s’il sait que son produit, ou son service, va atteindre un nombre de consommateurs -éclairés- croissant. 

Pour donner quelques ordres de grandeur, pendant que la Nef gère aujourd’hui quasiment 1 milliard d’€ d’épargne, il y en a à peu près 3 500 autres milliards qui se trouvent dans les autres banques. 

La Nef représente donc peu en volumes, et il est évident que nous ne  stopperons pas seuls le greenwashing. En revanche, nous montrons au quotidien, par le biais des épargnants et entrepreneurs engagés qui nous font confiance, que c’est possible de proposer une alternative concrète. Et si les 3 500 milliards d’euros d’épargne s’orientent peu à peu différemment, si on demande toujours plus de comptes (et moins de communication) à son banquier, si on privilégie un circuit court, et vert, de la finance, alors le poids et le potentiel de changement sont tout simplement gigantesques. 

Chers entrepreneurs qui lirez cet article, merci pour votre engagement, pour vos initiatives entrepreneuriales durables, et merci d’avoir choisi la Nef pour vous accompagner. Vous êtes la preuve par l’exemple que l’économie solidaire et la finance éthique, aujourd’hui encore trop peu visibles, sont la seule alternative au greenwashing, car vos actions sont autant d’arguments pour faire sortir l’épargne des citoyens de cette “machine à laver plus vert”.

Ivan Chaleil, directeur commercial et membre du directoire