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Un transport de marchandises maritimes plus écolo et transparent avec Windcoop !

Connaissez-vous Windcoop ? C’est une nouvelle compagnie maritime militante et coopérative, qui souhaite opérer des porte-conteneurs à la voile et développer ainsi un transport moins polluant et plus éthique. Entretien avec Louise Chopinet, directrice générale de Windcoop.

Bonjour Louise, présentez-vous 

Après un Doctorat en Biophysique et des études spécialisées dans le financement d’entreprises, j’ai travaillé pendant 5 ans chez Wiseed à l’accompagnement d’entrepreneurs dans leur projet de levée de fonds d’amorçage en financement participatif. Il y a deux ans, après avoir obtenu mon Certificat Matelot Pont, j’ai embarqué en tant que matelot sur un vieux gréement réalisant du fret maritime à la voile sur une ligne transatlantique. J’ai un parcours atypique, mais je suis avant tout passionnée ! Je suis convaincue qu’il est possible de faire bouger les lignes…  Je consacre l’essentiel de mon énergie à développer de nouveaux modèles pour un avenir plus sain !    


Windcoop c’est quoi? 

Windcoop c’est une compagnie maritime de transport à la voile organisée en coopérative. C’est un projet porteur de sens qui s’attaque à un maillon essentiel de notre société de consommation.

Pourquoi avoir fondé Windcoop ? 

Windcoop est née de la rencontre de Matthieu Brunet, co-président d’Arcadie (importateur d’épices bio et emprunteur de la Nef) et Julien Noé, président fondateur d’Enercoop (coopérative fournisseur français de services et d’énergie d’origine renouvelables et membre du collectif des Licoornes) avec la compagnie maritime Zéphyr & Borée, spécialisée dans l’armement de navires bas carbones et pionnière du transport maritime à la voile moderne.

Début 2021, Matthieu Brunet, cherche une solution pour décarboner le transport maritime de ses produits que la société importe de Madagascar. C’est Grain de Sail qui l’a orienté vers Zéphyr & Borée. Nils Joyeux, Président de Zéphyr et Borée, était déjà en réflexion avec Julien Noé sur la création d’une compagnie maritime militante, et il a proposé à Matthieu Brunet et Arcadie de rejoindre l’aventure.

Windcoop est donc le fruit de rencontres humaines et de visions partagées pour la transition énergétique d’un secteur inaccessible au citoyen.

Avez-vous quelques chiffres / informations sur la pollution, l’impact carbone, produite par le transport maritime ?

90% des marchandises que nous consommons quotidiennement transitent par voie maritime. Ce secteur est responsable de 2.8% des émissions de Gaz à Effet de Serre et représente 7% de la consommation mondiale de pétrole. Si rien n’est fait, les émissions de CO2 et les autres pollutions dont les atteintes à la biodiversité maritime pourraient encore augmenter de 50% d’ici à 2050 par rapport à 2018. (Sources : Livre Blanc Windship & Armateurs de France).

Les états ont pris conscience de l’empreinte carbone du transport maritime et se sont résolus, à travers l’Organisation maritime internationale (OMI), l’instance compétente en la matière, à diminuer les émissions de gaz à effet de serre de la flotte mondiale (par rapport à 2008) : 40% en 2030 et 50% en 2050.

Notre ambition avec Windcoop est de construire un navire pouvant être opéré à la voile et permettant jusqu’à 90% de réduction de la consommation d’énergies fossiles.

Pourquoi avoir choisi le statut coopératif ?

Nous avons choisi un statut coopératif pour permettre au plus grand nombre de s’impliquer dans notre compagnie maritime et ainsi participer à la transition énergétique de ce secteur essentiel de l’économie.

Notre ambition est de proposer à chaque partie prenante du transport, d’investir dans la coopérative : consommateurs, clients, partenaires, prestataires, etc. Nous voulons ainsi que tous les citoyens et les entreprises concernés par l’impact écologique puissent s’emparer du sujet grâce à notre gouvernance partagée et puissent participer à la transformation de la marine marchande.   

Nous croyons fermement au pouvoir du collectif pour contribuer aux changements d’ampleur qui nous attendent. Oui on veut changer le monde, oui c’est ambitieux, et oui c’est nécessaire.

D’autre part le statut coopératif est très intéressant sur ses mécanismes financiers : c’est une société de personnes, et non de capitaux. La pérennité de ces statuts grâce aux réserves légales et statutaires supérieures à 50 %, ainsi que la limitation du versement de dividende en fait un modèle de choix pour transformer l’économie.

Le premier bateau, c’est pour quand ? Combien de personnes sont impliquées dans le projet ?

Notre premier bateau partira en construction l’année prochaine. Il y a entre 18 et 24 mois de construction. La ligne entre Marseille et Madagascar ouvrira donc en 2025.

La construction du navire commence des années avant le lancement du chantier avec le travail d’architectes et de bureaux d’études. Pour cette partie, il y a 15 personnes qui ont travaillé pendant 1 an. Pour le chantier, c’est une centaine de personnes qui sont mobilisées au cours des mois avec beaucoup de métiers différents (suivi de chantier, ouvriers sur les métiers de la soudure, de l’assemblage…). A bord du navire, nous emploierons 9 marins.

Le transport maritime bien qu’invisible dans la vie tous les jours est un pilier de l’économie. Windcoop permet au citoyen d’y prendre part et d’agir concrètement sur ce secteur.
pour en savoir plus sur le projet Windcoop, rendez-vous sur leur site internet !