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[Podcast Prêt à Tout] Reprendre une entreprise : Bonne ou mauvaise idée ?

Dans cet épisode, nous rendons visite à Gwladys à Saint Pierre en Retz en Loire Atlantique, elle nous parlera de son parcours de reprise d’entreprise agricole.

Gwladys a fondé La ferme de Gwladys, exploitation laitière biologique, elle s’occupe presque seule d’un troupeau d’une quarantaine de vaches.
Issue d’une famille d’agriculteurs, elle a privilégié une installation en lait biologique et la reprise d’une exploitation bien ancrée dans son territoire et dans la promotion de la biodiversité.

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Références de l’épisode :

  • La BGE est un réseau national associatif d’aide à la création d’entreprises. Leur accompagnement se réalise sous forme d’ateliers collectifs et d’entretiens individuels. 

Reprendre une entreprise : Bonne ou mauvaise idée ?

Quand on veut changer de vie comme Gwladys et que l’on souhaite maximiser ses chances de réussite,  reprendre une société déjà existante offre de très nombreux avantages.

Mais si la reprise présente l’avantage de démarrer avec des installations fonctionnelles, basées sur un marché et ancrées sur un territoire; elle peut aussi avoir des vices cachés.

Dans cet épisode, nous allons évoquer la  reprise, en nous appuyant sur l’expérience de Gwladys, sans être exhaustifs, car il y a autant de situations de  reprises que d’entreprise. Nous laisserons notamment de côté le calcul de la valorisation de l’entreprise, qui pourrait faire l’objet d’un épisode complet de Prêt à Tout !  

Le premier élément de votre analyse doit être l’emplacement de l’entreprise 


Si l’entreprise a la malchance d’être mal située, votre bonne volonté et vos talents ne suffiront sûrement pas à en développer l’activité. Ici, par exemple, l’emplacement est optimal : son troupeau n’a pas besoin de traverser d’axes routiers pour aller du pâturage à la salle de traite, et elle est à proximité des coopératives laitières, donc l’impact des transports est réduit.

Il serait utile :  

  • De vous renseigner à propos d’éventuels travaux d’urbanisme à venir dans la zone, ceux-ci pouvant être préjudiciables à votre activité.
  • D’évaluer le niveau de concurrence. Où sont situés vos concurrents ? Quels produits ou services proposent-ils ? Comment pouvez-vous vous différencier ?
  • De vous informer sur le type de clientèle, sur l’état du marché actuel et sur l’état de santé des autres 

Penser à évaluer la qualité des locaux et leur cohérence avec votre projet

Après avoir fait le point sur la géographie de l’établissement, il s’agit d’en visiter l’intérieur.
En effet, l’un des principaux avantages du rachat d’une entreprise (en théorie du moins) est que celle-ci dispose de tous les outils nécessaires à son bon fonctionnement.
Alors, il est essentiel de s’assurer que les locaux soient fonctionnels et mis aux normes.

Conseil n°1 : Dans le cas où vous ne deviendrez pas propriétaire en reprenant aussi le foncier, un élément important du local est le bail.
En tant qu’établissement bancaire, nous sommes particulièrement attentifs au temps restant à courir du bail, il doit être supérieur ou égale à la durée de remboursement d’un prêt.

De plus, dans le cas d’une location, il est important qu’il soit précisé dans le bail qui du locataire ou du bailleur doit prendre à sa charge les travaux de remise aux normes et les modalités vis-à-vis de l’évolution du prix du loyer.

De même, il vous faut vérifier l’état des machines, des installations sanitaires, en somme, de ce qui sera certainement votre outil de travail principal et ne pas hésiter à faire intervenir des spécialistes. 

Conseil n°2 : Cette étape vous permettra aussi d’être critique vis-à-vis du matériel repris et de prévoir des investissements pour améliorer le rendement, la qualité ou l’impact écologique de votre produit. 

Baser votre réflexion sur des éléments tangibles et notamment les résultats financiers

Conseil évident lors de la reprise d’une entreprise : analyser les bilans financiers et les comptes de résultat des années passées.
Ici, il est important de vous intéresser aux chiffres et surtout à leur évolution, afin de pouvoir évaluer la performance financière de l’entreprise sur les prochaines années et d’élaborer votre stratégie pour l’optimiser. 

Voici un certain nombre de questions auxquelles il vous faudra répondre :

  • Le chiffre d’affaires est-il en croissance ? D’où vient son évolution ? La tendance est-elle durable? Y a-t-il une volatilité des prix comme c’est le cas pour les denrées agricoles ? 
  • L’entreprise est-elle rentable ? La marge est-elle stable ?
  • Les coûts sont-ils sous contrôle ? L’entreprise est-elle en mesure de répercuter la hausse de ses coûts sur ses prix ? Existe-t-il des leviers d’amélioration ?
  • Quel est le poids du besoin en fond de roulement? Est-il possible de réduire le poids des stocks ou de renégocier les délais de paiement (clients ou fournisseurs) pour libérer de la trésorerie ?
  • L’entreprise génère-t-elle de la trésorerie ? Celle-ci est-elle suffisante pour maintenir l’équipement productif et faire face  aux engagements financiers ?
  • Au bilan, regarder le détail du poste client qui peut refléter des impayés futurs et le poste provisions qui peut refléter des litiges ou un environnement non sécurisé (insécurité liée à des vols ou du vandalisme, intempéries …).   
  • Vérifier l’état des dettes et notamment s’il y a des cautions personnelles du cédant.

Conseil n° 3 : Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’analyse des résultats financiers du cédant, faites vous accompagner par des professionnels.

Qui peut vous aider ?

  • Les chambres consulaires (chambre de commerce et d’industrie, chambre de métiers et de l’artisanat, chambre d’agricultures), Les BGE, Les experts comptables

Bien gérer la transition avec les salariés et les partenaires

La gestion de la transition avec le personnel en place est également un point sensible de l’opération de reprise. En effet, le cédant peut être apprécié par la plupart des salariés en place et son départ risque alors d’avoir un impact négatif.

Conseil n°4 : Il faut aller à la rencontre du personnel et le rassurer. Il est intéressant dans les échanges de s’assurer que le salarié adhère aux évolutions que vous prévoyez. 

Conseil n°5 : Il peut s’envisager de provisionner des imprévus, tels que des litiges avec le personnel la 1ère année dans votre prévisionnel d’activité. 

Le principe est le même avec les partenaires de l’entreprise : les banques, les assureurs, les clients, les fournisseurs… 

Dans la mesure du possible, prévoyez une période de tuilage avec le cédant

La passation de pouvoir entre le cédant et le repreneur est un moment délicat à négocier, il est nécessaire d’être opérationnel immédiatement étant donné que l’entreprise est en activité.

La négociation d’une période de transition avec le cédant peut vous permettre de prendre votre place en douceur au sein de l’entreprise.

Finalement, une reprise réussie n’est pas un parcours facile, et à toutes les étapes, il faudra être vigilant et enrichir l’existant avec votre vision stratégique.