Comment se protéger des cyber risques en tant qu’entreprise en 2026 ?

À retenir

Les PME/TPE sont des cibles privilégiées (48% des rançongiciels en 2025). L’IA générative automatise les attaques (phishing ultra-personnalisé, deepfakes pour la fraude au président).
Le premier rempart est l’Authentification Multi-Facteurs (MFA) pour tous les accès critiques et la règle de sauvegarde 3-2-1 pour garantir la résilience face aux rançongiciels.
Face à l’augmentation de la fraude par manipulation (+37% au S1 2025), privilégiez le système européen Verification of Payee (VoP), et exigez une double validation interne avec contre-appel téléphonique pour toute modification de RIB fournisseur.

En 2025, l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) a recensé 1366 incidents de sécurité. Un chiffre stable par rapport à l’année précédente (1361), alors qu’une croissance notable de ces événements de sécurité était survenue en 2022 et 2023.

Cependant, la menace cyber pour les entreprises reste très élevée. Selon CESIN, 40% des entreprises déclarent avoir subi au moins une cyberattaque en 2025. Les conséquences de ces attaques peuvent parfois être concrètes, en effet, la CCI Occitanie indiquait en 2024 que 60% des PME/PMI impactées par une cyberattaque mettaient la clé sous la porte à court terme.

Face au risque croissant pour votre entreprise, la Nef vous propose de décrypter l’évolution des menaces, détailler le cadre réglementaire actuel s’appliquant en France, et vous livrer les meilleurs conseils pour déjouer et réagir efficacement aux incidents auxquels votre activité pourrait être confrontée. 

Quels sont les principaux risques cyber pour une entreprise ?

Voici une liste non exhaustive des menaces cyber les plus courantes pour les entreprises en 2025 : 

MenaceMécanisme d’attaque
Hameçonnage (Phishing)Vol d’identifiants ou installation de logiciels malveillants (malwares) via des emails ou SMS (Smishing) de plus en plus crédibles.
Rançongiciels (Ransomware)Chiffrement des données vitales (comptabilité, clients) avec demande de rançon.
Détournement de RIBUsurpation de l’identité d’un fournisseur pour détourner un virement réel vers un compte frauduleux.
Vol de donnéesExfiltration de fichiers clients, brevets ou données RH pour revente ou chantage au RGPD.
Fraudes aux moyens de paiementDétournement de fonds via des virements en ligne ou des paiements par carte à distance.

Les TPE et PME spécifiquement touchées 

Contrairement à ce que l’on pense, les cybercriminels ne visent pas que les grands groupes. Les PME sont des cibles privilégiées car elles sont souvent moins préparées face aux risques. Ainsi, l’ANSSI indique qu’en 2025, 48% des attaques au “rançongiciel” concernaient des PME/TPE/ETI.

BPI France estime que le coût moyen d’une attaque cyber pour une PME est de 466 000 €. Un chiffre qui n’indique que le coût direct d’une attaque et pas les dommages collatéraux (interruption d’activité, atteinte de la réputation, perte de clients etc.). Ces coûts sont rarement compensables grâce à la trésorerie d’une entreprise. Pour autant, 72% des TPE-PME indiquent ne disposer d’aucun employé dédié à la gestion de la cybersécurité, souvent par manque de temps ou faute de connaissances. 

Quels sont les nouveaux risques en 2026 ?

Bien que les attaques cyber classiques soient toujours d’actualité, l’arrivée de l’IA et de nouvelles technologies laisse désormais place à une industrie structurée et automatisée. 

Selon un rapport de BCG, au cours de l’année 2024, 60% des entreprises auraient subi une cyberattaque alimentée par l’intelligence artificielle. Parmi les nouvelles cyberattaques, on peut évoquer : 

  • Phishing IA et Deepfakes : Grâce à l’IA générative, les emails de phishing sont désormais parfaitement rédigés, sans fautes et ultra-personnalisés. La fraude au président peut désormais utiliser des deep fakes vocaux pour simuler la voix d’un dirigeant lors d’appels téléphoniques.
  • Ransomware-as-a-Service (RaaS) : Des kits de piratage sont vendus en libre accès, permettant à des attaquants peu qualifiés de paralyser votre comptabilité ou vos systèmes de production contre rançon.
  • Attaques via vos prestataires : Les hackers peuvent désormais viser vos prestataires informatiques ou vos logiciels de gestion pour atteindre, par ricochet, des centaines de clients en simultané.

Qu’est-ce que la directive NIS 2 ?

Depuis octobre 2024, une nouvelle directive européenne “NIS 2” (Network and Information Security) impose de nouvelles règles à des milliers d’entités en France. Un comparatif est disponible en ligne, il permet de comparer les référentiels d’exigence. 

Cette nouvelle directive à pour objectif d’élargir le périmètre d’application et apporter davantage de protection : 

  • Responsabilité des dirigeants : La cybersécurité n’est plus l’affaire exclusive du technicien. Les dirigeants sont désormais personnellement responsables de la mise en œuvre des mesures de gestion des risques cyber. 
  • Sécurité de la chaîne d’approvisionnement : L’entreprise doit désormais auditer le niveau de sécurité de ses fournisseurs IT.
  • Notification obligatoire : Tout incident significatif doit être déclaré à l’ANSSI sous 24 heures.

Comment évaluer la maturité cyber de mon entreprise ? 

La maturité cyber reflète le niveau global de prise en compte des enjeux de cybersécurité par une organisation. Un outil interactif, proposé par l’ANSSI, permet d’évaluer la maturité cyber de votre entreprise. Ce test rapide de 5 minutes peut vous permettre d’obtenir une évaluation indicative et de vous situer par rapport à d’autres organisations. 

Comment sécuriser ses paiements et ses opérations bancaires ? 

Pour sécuriser vos transactions, nous vous recommandons d’utiliser les procédures suivantes au sein de votre entreprise et avec vos collaborateurs : 

  • Double validation interne : Instaurez une limite de montant au-delà de laquelle une seconde signature (dirigeant ou second collaborateur) est nécessaire pour valider un virement.
  • Principe du moindre privilège : Limitez les accès aux interfaces bancaires aux seuls salariés dont c’est la mission directe et supprimez immédiatement les comptes des anciens collaborateurs.
  • Authentification forte : Privilégiez systématiquement les paiements avec authentification renforcée (norme DSP2 / 3D Secure) et activez les notifications en temps réel pour chaque opération.
  • Outils sécurisés : Utilisez des cartes virtuelles à usage unique ou dotées d’un CVV dynamique (code de sécurité changeant à chaque transaction) pour vos achats en ligne. 

En tant que banque, la Nef identifie la fraude par manipulation (ingénierie sociale, usurpation du conseiller bancaire ou encore fraude au RIB) comme un risque majeur. Une étude de la banque de France indique que cette fraude a augmenté de 37% par rapport au premier semestre de 2024. Parmi ces fraudes, l’arnaque au“Faux RIB” est particulièrement fréquente. 

Comment déjouer l’arnaque au « Faux RIB »?

Les fraudeurs déploient des techniques de plus en plus sophistiquées, souvent via des mails falsifiés, pour intercepter vos factures légitimes et y substituer un IBAN frauduleux afin de détourner le paiement final de l’entreprise. 

Voici nos recommandations pour déjouer cette la fraude au faux RIB : 

  • Faites une vérification systématique : Pour tout changement de RIB fournisseur, effectuez un contre-appel sur un numéro de téléphone déjà connu.
  • Utilisez l’outil « Verification of Payee » (VoP) : Depuis octobre 2025, ce système européen, obligatoire pour toutes les banques, permet de vérifier automatiquement la correspondance entre le nom du bénéficiaire et l’IBAN pour vos virements SEPA.
  • Méfiez-vous face à l’urgence : Un ton alarmiste (par exemple : “Règlement urgent sous peine de blocage ») est le signe classique d’une escroquerie.

Quelles bonnes pratiques adopter au quotidien ? 

En tant que dirigeant d’entreprise ou responsable SI, vous pouvez mettre en place plusieurs règles de base pour réduire le risque d’attaques cyber : 

  • Authentification Multi-Facteurs (MFA) : Indispensable pour tous vos comptes (email, banque, accès VPN). C’est le rempart numéro 1 contre le vol d’identifiants.
  • Règle de sauvegarde 3-2-1 : Possédez 3 copies de vos données, sur 2 supports différents, dont 1 copie conservée hors ligne (pour éviter qu’elle soit chiffrée par un ransomware).
  • Mises à jour critiques : Automatisez les mises à jour de vos logiciels (antivirus, navigateurs, pare-feux, site web, API etc.) pour corriger les failles dès leur publication.
  • Solutions EDR : Remplacez votre antivirus classique par un outil de détection et de réponse (EDR) capable d’analyser les comportements anormaux grâce à l’IA.
  • Sensibilisation continue : Ne vous contentez pas d’une formation annuelle. Utilisez des simulateurs de phishing pour tester les réflexes de vos collaborateurs.
  • Charte informatique : Définissez des règles claires, notamment sur l’interdiction d’utiliser des supports amovibles inconnus (clés USB trouvées ou offertes).

Que faire en cas de doute ou d’incident de cybersécurité ? 

Si vous soupçonnez une intrusion au sein de votre réseau informatique, chaque minute compte, vous pouvez suivre ces étapes :  

  • Isoler sans éteindre : Déconnectez les machines du réseau (Wi-Fi et Ethernet) pour stopper la propagation, mais ne les éteignez pas pour préserver les preuves.
  • Alerter votre banque : Contactez immédiatement votre banque pour les alerter et bloquer les ordres de virement en cours (procédure de recall).
  • Signaler et porter plainte : Utilisez la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr pour un diagnostic et portez plainte sur le dispositif THESEE ou en gendarmerie.

Conclusion 

Face à l’escalade des menaces en 2026 – du rançongiciel automatisé aux attaques par IA – il est clair que la cybersécurité pour votre entreprise n’est pas une option, mais une exigence. L’application de bonnes pratiques quotidiennes, comme l’Authentification Multi-Facteurs (MFA) et la règle de sauvegarde 3-2-1, constitue le premier rempart.

Cependant, la vigilance doit être maximale concernant les fraudes au virement et l’arnaque au faux RIB, qui exploitent la confiance et les processus bancaires. Protéger votre entreprise est un engagement continu, impliquant une sensibilisation permanente des équipes et une mise à jour constante de vos systèmes pour rester conforme aux nouvelles exigences comme la directive NIS 2.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre FAQ